Si les progrès de la science ont réussi à arrêter les ravages de nombreuses maladies physiques, les maladies mentales, par contre, sont passés au premier rang des problèmes médicaux. Aux États-Unis par exemple, on estime qu'une personne sur dix souffre d'une forme quelconque de maladie mentale. Parmis celle-ci la plus commune est la schizophrénie (du grec skhizein, fendre, et phrênos, esprit, pensée), un nom qui a été donné en 1911, par le psychiatre suisse Bleuler, à un ensemble de troubles psychiques dont l'association provoque une rapide détérioration de la personnalité du patient. On l'appelle parfois démence précoce, pour la distinguer de la démence sénile, produite par la détérioration du cerveau due à l'âge; elle se manifeste généralement entre la dix-huitième et la vingt-huitième année. Les schizophrènes semblent dominés par un ensemble assez limité de pensées ; obsédés par leur monde intérieur, ils perdent tout contact avec la réalité. La moitié au moins des malades internés sont des schizophrènes. La forme psychotique prend des formes très diverses : dans l'hébéphrénie, le symptôme principal est un comportement infantile ou stupide ; dans la catatonie, le patient, rigide et muet, se refuse à toute participation au monde réel ; dans la paranoïa, les symptômes principaux sont une extrême hostilité, avec anxiété généralisé et délire de persécution. (Isaac Asimov, Le cerveau, p.299-300.)