L'humain est, à l'origine, l'être le plus dépendant que l'on puisse imaginer. Pour devenir lui-même, il doit donc se libérer de plus en plus des servitudes de toutes sortes. En même temps qu'il devient capable de pourvoir à ses besoins physiques, il développe sa capacité d'aimer et d'être aimé, sa capacité de créer, sa capacité de donner un sens à son devenir. Dans la mesure où il trouve une réponse satisfaisante à ses besoins fondamentaux, il est confirmé dans l'existance. Il acquiert une certitude, la seule peut-être qu'aucun bouleversement ultérieur ne pourra ébranler, celle de sa propre valeur. Cette prise de conscience, dans la mesure où l'humain l'approfondit, sucite une expérience très comblante qui se traduit dans les mots je suis libre, ou je deviens libre. (Yves Saint-Arnaud, J'aime, p.17.)